Enjeux communs

 

Nord-sud

Les menaces qui pèsent ici sur l’abeille existent également au Sud!

La préservation des forêts tropicales constitue un exemple d’interdépendance Nord-Sud qui englobe, et dépasse, le cadre de l’apiculture proprement dite: sources de nectar pour les abeilles des apiculteurs du Sud, ces forêts éliminent une partie du CO2 émis par les pays industrialisés où vivent les apiculteurs du Nord.

mortalité des abeilles

La mortalité anormale des abeilles dans les pays industrialisés est devenue l’emblème de la lutte des personnes préoccupées par les questions environnementales et par la responsabilité des grandes entreprises phytosanitaires dans ce phénomène.

 

Déforestation

Les forêts tropicales sont gravement menacées, alors qu’elles contribuent à l’équilibre climatique de la planète.

Changement climatique

Les apiculteurs sont particulièrement touchés par le changement climatique, qui bouleverse les cycles agricoles et le rythme des saisons, entre la saison sèche et la saison des pluies. Dans la plupart des cas, les saisons sèches se rallongent et les pluies sont d’une intensité beaucoup plus forte. Ceci a des conséquences sur les périodes de floraisons.

Industrialisation de l’apiculture et appauvrissement génétique des abeilles

 

agriculture intensive

IPBES est une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, créée par la FAO. Elle a travaillé pendant deux ans pour faire une synthèse sur l’état des abeilles dans le monde.

pesticides

Les pesticides sont fortement incriminés pour leur impact sur les abeilles, notamment les insecticides néonicotinoïdes, dont les effets sublétaux sont un grand sujet d’étude.

Espèces invasives

 

Qu’en est-il dans les pays du Sud ? Les apiculteurs font-ils face aux mêmes problèmes ? Peut-on imaginer une corrélation entre l’état de santé des abeilles et l’évolution industrielle d’un pays?

Dans le Mayazine n°30, Miel Maya Honing a interrogé à ce sujet trois scientifiques reconnus : Rémy Vandame, Wolfgang Ritter, Etienne Bruneau. Leurs réflexions nous interrogent sur l’avenir de l’apiculture telle que pratiquée aujourd’hui mais aussi et surtout, elles invitent les ONG de développement qui interviennent dans l’apiculture à se remettre en question et à s’interroger sur les techniques apicoles promues dans leurs projets…

Par leur activité, les apiculteurs du Sud protègent les forêts qui représentent une source de nectar pour leurs abeilles et éliminent une partie du CO2 émis par les pays industrialisés où vivent les apiculteurs du Nord.

La préservation des forêts tropicales constitue ainsi un bel exemple d’interdépendance Nord-Sud. Permettre aux apiculteurs du Sud de maintenir et développer leur activité, cela fait du bien à toute la planète !

Pour en savoir plus, voir le Mayazine n°35 consacré aux exposés de la Journée Nord-Sud 2018, sur l’arbre et l’abeille, au Nord et au Sud. 

En Afrique, l’amélioration de l’apiculture traditionnelle est trop souvent délaissée au profit d’une modernisation non réfléchie.

La sélection génétique des abeilles doit privilégier les races locales, mieux adaptées à leur environnement.

Les projets de développement dans le domaine de l’apiculture doivent être attentifs à ne pas importer des technologies inadaptées et à ne pas forcer la modernisation de l’apiculture. La pratique d’une apiculture naturelle, respectueuse du cycle de l’abeille, est la meilleure protection contre le développement des maladies.

En proposant aux apiculteurs de tester différents modèles de ruches (moderne, traditionnelle, traditionnelle améliorée), ceux-ci se rendent compte de l’intérêt de ne pas privilégier d’emblée les techniques et modes de production européens.

IPBES est une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, créée par la FAO.

Elle a travaillé pendant deux ans pour faire une synthèse sur l’état des abeilles dans le monde. Parmi les différentes causes du déclin des abeilles, figure d’abord le changement d’utilisation du sol. Quand on change une zone forestière en zone agricole, surtout en agriculture intensive, les abeilles perdent des sources d’alimentation et des sites de nidification. L’avancée permanente de la « frontière agricole » en Amérique du Sud en est un triste exemple.

Les pesticides sont fortement incriminés pour leur impact sur les abeilles, notamment les insecticides néonicotinoïdes, dont les effets sublétaux sont un grand sujet d’étude.

On observe des effets létaux quand on a une toxicité directe mais aussi beaucoup d’effets sublétaux à des doses de pesticides qui ne vont pas tuer directement les abeilles mais vont avoir des effets à différents niveaux : au niveau de la physiologie, de la neurophysiologie, de l’immunité, de la longévité, de la fécondité, etc.

Les pays du Sud ne sont pas épargnés par l’usage intensif d’insecticides. Au début de 2017, la Bolivie a aspergé d’immenses territoires avec du Fipronil, pour lutter contre une invasion de criquets venus d’Argentine. En Afrique, de plus en plus de petits paysans sont incités à utiliser des engrais chimiques et des pesticides sur leurs petites parcelles de terre.

Les échanges mondiaux multiplient le phénomène des espèces invasives et l’apiculture n’y échappe pas.

L’abeille africanisée, aujourd’hui répandue sur tout le continent latino-américain, en est un exemple, de même que le varroa, ce parasite originaire de l’Asie du Sud-Est, qui commence à se développer aujourd’hui dans certains pays africains (Rwanda, Madagascar) après avoir envahi successivement l’Europe puis l’Amérique. D’autres espèces invasives menacent également les abeilles européennes, comme le petit coléoptère des ruches et le frelon asiatique.