Dimanche 18 août

Après une bonne nuit dans l’hôtel très familial “Carmen”, nous débutons la journée par un bon petit-déjeuner puis nous profitons de quelques heures de temps libre pour flâner dans la ville. Lors de notre brève escapade, nous avons la chance de tomber sur une fête locale. On nous expliquera qu’il s’agit d’une fête catholique consacrée à St Roch (Saint de la Ville). Plusieurs statues de la Vierge sont fièrement portées par des enfants de chœur qui processionnent dans la ville. Notre dîner nous amène au Centre commercial dans lequel nous dégustons une soupe de mani (arachides), accompagnée de frites, de poulet, de pâtes et d’herbes aromatiques.

Nous montons ensuite dans un bus prêté par la municipalité qui nous conduit, après un voyage de plus de 2 heures, à Emborozu, le village d’origine de Léonardo, technicien apicole financé par le projet de MMH.

Nous y rencontrons un groupe d’apiculteurs de l’association APME dont le responsable est Don José. A l’origine, nous explique-t-il, la région était habitée par les Guaranis, population amérindienne. Après un chaleureux échange, où l’on nous demande combien de ruches nous avons, quel est leur rendement, etc., Don José nous invite à visiter la miellerie. Il explique fièrement que le miel d’APME est caractérisé par des saveurs dominantes d’oranges, de citrons et autres agrumes.

Sur les 18 tonnes récoltées lors de la saison 2018-2019, 5 tonnes seulement ont été vendues, suite à la perte inopinée du principal marché d’APME, l’Etat bolivien, qui achetait la production au prix de 32 Bolivianos le kilo en vrac (un peu plus de 4 €). APME espère pouvoir écouler les 13 tonnes restantes avant la prochaine récolte, qui aura lieu fin septembre, mais son précieux stock de miel est cristallisé… Malgré ces difficultés, ce groupe d’apiculteurs nous paraît très soudé ; l’employée en charge de la miellerie reste très motivée, elle continue à entretenir toutes les installations qui sont très propres, alors que l’activité est quasiment à l’arrêt.

La soirée se termine par un repas chaleureux et convivial autour d’une grillade de poissons, le « Pacu ». David, apiculteur d’APME, s’est attelé brillamment à la cuisson en l’arrosant d’une petite marinade composée de citron, de miel, de sel et de poivre. Le Pacu avait été fraîchement pêché par la maman de Leonardo. Durant la cuisson et la dégustation, nous entendions les croassements répétés des “Sapos”, gros crapauds d’Amérique du Sud.

Le bus nous dépose ensuite dans une école toute proche, voisine de l’ancienne maison de Léonardo, où nous passons la nuit dans une salle de cours.